• Rien

     

    Quand la mort te prend

    Comme ça

    Quand elle t'accroche avec des mots d'amour

    À un croc de boucher

    Quand tu ne tapes plus sur les bonnes touches

    Et que la mélodie s'enraye dans ta gorge

    À te rendre muet

    Quand tu deviens encore plus seul

     

    Toi le loup

    De sa tendre ironie

    Quand le gel s'insinue dans ton cri

    Regarde

    Ce grand creux dans le lit de ton ventre

     

    Quand tu guettes aux fenêtres

    Désormais vides

    Quand tu vieillis de dix ans

    En deux mots : Oui et Non

     

    Quand, même ta dignité

    Tu la donnerais

    Alors…

     

    Alors rien.

     

     

    « Chambre d'hôtesBeauté révélée »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 31 Décembre 2017 à 10:08

     

     

    Un cri déchirant et désespéré lorsque l'on tombe brusquement dans le ravin après ces deux mots : oui et non ; des mots qui font "vieillir de dix ans". 

    La structure est parfaite avec des vers qui deviennent de plus en plus courts puisque "la mélodie s'enraye dans la gorge à te rendre muet" quand le destin ultime et inévitable est atteint :                                 

    Quand, même ta dignité
    Tu la donnerais
    Alors…

    Alors rien. 

    Je trouve que cette strophe finale décrit magistralement la douleur qui accompagne cette offrande de son dernier bien précieux, sa dignité, se rendant compte que maintenant, cela aussi, est réduit à rien.

    Puissant, émouvant et bouleversant. 
    Je te remercie beaucoup pour ce don délicat.

     

    2
    Dimanche 31 Décembre 2017 à 17:30

    Merci, Henora, très touché.

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